La quatrième baisse consécutive du taux d’intérêt de la Banque du Canada, portant le taux du financement à un jour à 3,75 %, marque un changement important dans la politique monétaire qui va remodeler le paysage de l’immobilier commercial au Québec. Bien que cette réduction de 50 points de base soit un signe de confiance dans la maîtrise de l’inflation, son impact sur le secteur de l’immobilier commercial doit être analysé avec soin.
Les transactions dans le secteur de l’immobilier commercial restent prudentes malgré la réduction cumulative de 125 points de base depuis juin. Les experts du secteur indiquent que des réductions plus importantes pourraient être nécessaires pour avoir un impact significatif sur le développement. Cela suggère que, même si le sentiment s’améliore, une reprise significative du volume des transactions pourrait ne pas se matérialiser avant le milieu de l’année 2025.
Toutefois, l’écart entre les cours acheteur et vendeur commence déjà à se resserrer, ce qui indique une amélioration de la détermination des prix, même si les volumes de transactions restent faibles. Les investisseurs dotés de capitaux patients et de bilans solides peuvent trouver des opportunités d’acquisition stratégiques à mesure que des actifs en difficulté apparaissent et que les vendeurs ajustent leurs attentes en matière de prix.
Le secteur multifamilial continue de faire preuve de résilience, soutenu par la forte croissance démographique du Québec et la pénurie persistante de logements. Le marché locatif de Montréal a fait preuve d’une vigueur particulière, les loyers demandés moyens ayant augmenté de 11,3 % d’une année sur l’autre pour atteindre 2 019 $. La baisse des coûts d’emprunt pourrait accélérer l’investissement dans les immeubles locatifs, en particulier dans les sous-marchés où les pressions liées à l’accessibilité créent des modèles de déplacement de la demande. La véritable préoccupation se situe dans le secteur de la construction qui fait face à des défis continus malgré la baisse des coûts de financement. Le Québec a connu une baisse notable de 17,3 % des permis de construire de logements collectifs, ce qui reflète les préoccupations générales du secteur concernant les coûts de construction et les obstacles réglementaires.
Comme indiqué dans les analyses précédentes, nous nous attendions à ce que les changements fiscaux fédéraux, en particulier l’augmentation des gains en capital, introduisent une complexité supplémentaire dans le paysage de l’investissement, ce qui a été confirmé cette semaine. Cette modification place le Canada au 35e rang des 38 pays de l’OCDE pour l’imposition des plus-values, ce qui risque d’affecter les flux d’investissement dans le secteur de l’immobilier commercial. Les investisseurs doivent évaluer soigneusement leurs stratégies de sortie et leurs périodes de détention à la lumière de ces implications fiscales.
Les récentes prévisions de la Banque du Canada, qui tablent sur une croissance du PIB de
2,1 % en 2025, s’appuient fortement sur la contribution du secteur de l’immobilier. Le logement devrait représenter près d’un quart de la croissance totale. Toutefois, l’annonce récente par le gouvernement fédéral d’un abaissement du seuil d’immigration pourrait atténuer cette perspective en réduisant une partie de la demande de logements au cours de l’année à venir.
Alors que nous nous enfonçons dans le territoire des baisses de taux, le marché immobilier passe d’une période d’incertitude à une période d’opportunités stratégiques. Si l’activité générale du marché peut rester modérée à court terme, certains secteurs et sous-marchés offrent des possibilités d’investissement convaincantes. Le secteur de l’immobilier collectif, en particulier, continue d’afficher des fondamentaux solides, soutenus par les tendances démographiques et les contraintes de l’offre.
Chez Votre Équipe Immobilier, nous surveillons activement ces évolutions du marché et identifions les opportunités pour nos clients. Comment positionnez-vous votre portefeuille pour tirer parti de l’évolution des conditions du marché ? Contactez-nous pour discuter de votre stratégie d’investissement et explorer l’impact que ces changements pourraient avoir sur vos actifs immobiliers .