Le marché de l’immobilier commercial au Québec est confronté à une série de changements qui pourraient avoir un impact significatif sur les investisseurs, les promoteurs et les professionnels. La convergence des nouveaux développements résidentiels, des politiques d’immigration et des droits de douane sur l’acier crée un paysage complexe qui exige une approche stratégique. Voici un aperçu de la manière dont ces facteurs façonnent l’avenir de l’immobilier commercial dans la province et de ce qu’ils signifient pour ceux qui investissent sur le marché.
Des projets tels que la conversion d’anciens sites de concessionnaires automobiles en ensembles résidentiels soulignent une tendance croissante sur le marché de l’immobilier commercial. L’emplacement stratégique de ces sites, souvent à proximité d’artères commerciales et de transports publics, en fait des candidats de choix pour un redéveloppement dans un contexte de pénurie aiguë de logements.
D’une part, la conversion d’espaces commerciaux sous-utilisés en propriétés résidentielles peut répondre à la demande pressante de logements abordables dans les zones urbaines. Le projet LaSalle, par exemple, comprendra 155 logements locatifs, dont 16 seront proposés à des prix inférieurs à ceux du marché. Cela correspond au besoin plus large de logements abordables à Montréal, où le coût de la vie continue d’augmenter.
Cependant, la concurrence pour ces emplacements de choix est féroce et le coût de la conversion peut être important.
Si la conversion d’espaces commerciaux en unités résidentielles permet de résoudre les problèmes d’offre de logements, les politiques d’immigration actuelles du Canada présentent un ensemble de défis différents. Selon un récent rapport de BMO, le taux de chômage des immigrants récents a grimpé à 13 %, ce qui est nettement plus élevé que la moyenne nationale. Cela suggère que si la stratégie agressive de croissance démographique du Canada vise à stimuler l’économie, elle pourrait créer plus de tension que de soulagement dans certains secteurs.
Une autre pierre vient de frapper l’industrie de la construction avec l’annonce récente d’un droit de douane de 25 % sur les produits en acier et en aluminium importés de Chine. Les promoteurs immobiliers risquent de voir leurs coûts de construction augmenter, car l’acier est un élément essentiel des projets résidentiels et commerciaux. On s’attend à ce que toute augmentation de son prix soit inévitablement répercutée sur les utilisateurs finaux, qu’il s’agisse d’acheteurs, de locataires ou d’investisseurs.
Dans la province de Québec et surtout dans la RMG, les coûts de construction sont déjà élevés et le marché est sensible aux fluctuations des prix des matériaux. Les tarifs douaniers pourraient exacerber l’environnement déjà difficile pour les promoteurs, en particulier ceux qui participent à des projets de grande envergure. Cela pourrait entraîner des retards dans les projets, une baisse de la rentabilité et, dans certains cas, l’annulation des développements prévus.
Les tendances et les défis décrits ci-dessus soulignent l’importance d’une approche proactive des changements du marché. Qu’il s’agisse de tirer parti de la conversion d’espaces commerciaux, de naviguer dans les complexités des politiques d’immigration ou d’atténuer l’impact de la hausse des coûts de construction, le succès exigera une planification minutieuse et une prise de décision stratégique.
Pour ceux qui investissent dans le marché de l’immobilier commercial du Québec, la question clé est la suivante : comment adapterez-vous votre stratégie pour relever ces défis en constante évolution ?