Alors que le Canada est aux prises avec une baisse du PIB par habitant et des problèmes de productivité, le marché québécois de l’immobilier est confronté à la fois à des obstacles et à des opportunités potentielles. Le PIB par habitant du Canada a reculé par rapport à la moyenne de l’OCDE, avec une baisse de 0,1 % au deuxième trimestre de 2023, marquant la cinquième baisse trimestrielle consécutive. En outre, le secteur de la construction, qui représente 12,6 % de toutes les heures de travail au Canada (contre 7 % en 1997), n’a enregistré aucune croissance de la productivité au cours des quarante dernières années. Ce manque d’efficacité dans un secteur crucial a un impact direct sur les coûts et les délais de développement de l’immobilier résidentiel au Québec.
Le secteur multifamilial au Québec, qui a longtemps été l’un des points forts de l’immobilier résidentiel, connaît un ralentissement de la croissance des loyers. Cependant, les facteurs fondamentaux de la croissance démographique et de la faiblesse de l’offre restent en place. Montréal, en particulier, pourrait voir les investissements se recentrer sur des sous-marchés plus abordables, car les loyers dans les zones les plus prisées atteignent des niveaux insoutenables. Malgré ces vents contraires, le marché québécois de la construction immobilière montre des signes de résilience. Le volume des transactions dans toutes les catégories d’actifs a légèrement augmenté au deuxième trimestre 2023, ce qui indique un retour prudent de la confiance des investisseurs. Cette hausse est particulièrement remarquable compte tenu du contexte économique général.
Quant au marché industriel du Québec, il atteint un plateau après une période de croissance record des loyers. Malgré cela, le secteur continue d’afficher des performances relativement bonnes, les opportunités étant toujours présentes pour les investisseurs avisés et les fondamentaux sous-jacents solides.
La Banque du Canada ayant déjà réduit ses taux de 75 points de base, les investisseurs s’attendent à de nouvelles baisses. Cette attente influence le calendrier des transactions, certains acteurs attendant des conditions d’emprunt plus favorables. Le marché provincial de l’immobilier résidentiel reste sensible aux performances économiques générales et la récente hausse du chômage ainsi que la faible croissance du PIB pourraient introduire de la volatilité. La pénurie de logements au Québec continue de stimuler la demande d’investissements multifamiliaux. Cependant, les problèmes d’accessibilité dans les grands centres comme Montréal pourraient déplacer l’attention vers les marchés secondaires.
Bien que les fondamentaux restent favorables au secteur de l’immobilier commercial, celui-ci doit faire face à la crise de productivité plus générale qui touche le Canada. Les innovations en matière de méthodes de construction et de gestion immobilière seront cruciales pour maintenir la compétitivité. L’évolution démographique du Québec, notamment le vieillissement de la population et l’augmentation de l’immigration, jouera également un rôle et influencera les tendances de la demande dans tous les secteurs de l’immobilier commercial et la productivité de l’industrie.
Pour les investisseurs et les professionnels de l’immobilier au Québec, il sera essentiel de se concentrer sur des actifs de qualité dans des secteurs résilients. Les investisseurs devraient également considérer le potentiel des projets de réutilisation adaptative comme un moyen de capitaliser sur les demandes changeantes du marché et de débloquer la valeur des types d’actifs moins traditionnels. Il sera également essentiel de rester à l’écoute des changements démographiques et de leur impact sur les préférences en matière de logement et de commerce de détail pour assurer le succès à long terme, car cela continuera d’avoir une incidence sur la valeur à long terme des actifs du portefeuille sur le marché de l’immobilier résidentiel du Québec.
Alors que nous naviguons dans ces conditions de marché complexes, il est essentiel de maintenir une perspective équilibrée. Bien qu’il y ait des défis à relever, le marché de l’immobilier résidentiel du Québec présente également des opportunités significatives pour ceux qui peuvent identifier et capitaliser sur les tendances émergentes.